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Chez Kros, toute œuvre semble être l’histoire d’un « combat » entre la tentation de laisser une liberté totale au trait et à l’esprit qui le conduit et l’impératif de canaliser, de contenir et finalement arrêter ce dernier « au moment le plus juste ». « Arrêter » tout en laissant l’idée que ce trait pourrait continuer aisément à noircir la page et l’espace au-delà. Donner un instantané d’une matière en devenir, stopper dans le rythme une métamorphose infinie : voilà peut-être le défi. Ici des mains se multiplient, s’enchevêtrent, agrippent un bras, génèrent un corps, en sous-entendent un autre : Un golem regarde un crâne de golem. A moins qu’il ne protège des regards ou des jalousies cette vanité moderne et impossible… Là c’est un arbre. Mais quel arbre ? Des cylindres gris - atomes krosiens - s’accumulent et forment des branches sur lesquelles fleurissent des volutes qui s’épanouissent et découvrent des pistils d’écailles desquels s’échappent des langues de serpents qui deviennent tatouages gris foncé sur le fond noir de la toile… Que deviennent les tatouages ? Peu importe, partout la matière semble aboutir et devenir à nouveau, dans un cycle qui n’aurait pas de fin. Pendants picturaux de « L’éternel Adam » de Jules Verne, de « l’Insoutenable légèreté de l’être » de Kundera, de cette idée de l’éternel recommencement des choses qui occupe l’esprit de quelques illuminés à chaque génération, les peintures de kros ont une dimension alchimique, philosophique qui en font des instantanés du Grand Oeuvre. |
L'Arbre, 2006 encre et acrylique sur toile, 92 x 46 cm |